Kyaukme, Birmanie, Août 2019
Nous sommes dans l’Est de la Birmanie, en plein pays Shan. Après deux jours de moto sous la mousson et une journée de randonnée dans les montagnes nous arrivons enfin, crottés, à destination. La brume ne va pas tarder à recouvrir les jardins potagers d’un petit village aux maisons en bois sombre et les quelques habitants, leurs bêtes et leurs enfants, sont déjà tous rentrés chez eux.
Nous sommes les invités d’une famille de onze personnes (trois générations dont le dernier né est emmailloté dans des langes en tissus bariolés). Leur maison est grande: un rez-de-chaussée sur terre battue où les femmes cuisinent sur le feu à même le sol et un étage où tout le monde dort sur des nattes tressées et où les hommes conduisent la prière aux ancêtres le matin à l’aube devant un petit autel éclairé par les bougies. On se lave à l’eau de pluie près du potager. On vit en communauté et dans l’odeur de la fumée du foyer. Tout est calme, paisible, probablement routinier et nous nous reposons de cette longue randonnée.
Et j’inscris dans ma mémoire l’instant émouvant où, en entrant dans la maison, notre jeune guide de 27 ans est allé simplement se prosterner devant l’un puis l’autre des deux grand-parents. Les deux genoux sur le sol en terre, devant ces aïeux paysans qui cuisinaient et jouaient avec leurs petits enfants, notre guide avait la tête penchée et les deux mains jointes.
Plus tard j’ai appris que c’était la coutume de se prosterner devant les personnes âgées, leur sagesse et leur vie.
Et j’ai trouvé ça beau. Et j’ai pensé à nos personnes âgées et je me suis dit qu’on avait beaucoup à apprendre de ces birmans des montagnes.




Ohoh quel bonheur de retrouver les instantanés et quelle plaisir de lire ta merveilleuse écriture. Merci Pauline
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Merci chère Pauline pour ce très beau texte. Oui, nous avons à apprendre de nos aïeux sûrement.
Continue à écrire, si tu as le temps et l’envie, c’est superbe!
Monique
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