La route

Nationale 7, tronçon Fianar- Isalo, Madagascar, octobre 2019

La route vers le sud défile et l’horizon sans cesse s’éloigne sur un air de salegy. La terre rouge, les rizières vertes, des fours à briques gris clair et rouge et noir et leur fumée odorante qui s’échappe, blanche, sur la route. Les maisons en briques rouge sur la terre rouge avec des épis de maïs qui sèchent en guirlandes sous la soupente et du linge qui sèche aussi juste en dessous sur la rambarde du balcon en bois.

La terre rouge.

Le ciel bleu ou gris et les nuages qui rasent la terre et s’accrochent au relief. Des camions en panne arrêtés au milieu de la route. Un taxi brousse dans le fossé, un taxi brousse crevé, un autre, un taxi brousse qu’on pousse, un taxi brousse arrêté au milieu de nul part et tous ses passagers, leurs sacs, leurs poulets, leurs paniers de bananes et d’épinards, éparpillés tout autour. Impossible de les imaginer tous à nouveau y rentrer. 

La terre rouge.

Des poules qui traversent sous les roues bien sûr. Des buffles sur le bas côté, ils sont sept et un enfant de sept ans ou moins veille avec un baton. Des dindons dans un panier tressé sur la tête d’une femme agée en marche vers le marché. Un petit garçon avec un cochonnet dans les bras. Un homme avec une chèvre dans les bras. La transhumance des gens à pieds, petits points colorés en file indienne qui deviennent silhouettes qui deviennent personnes, des visages foncées dans des habits dépareillés chattoyants, Mada la friperie de la France.

La terre rouge. 

Un village qu’on traverse, des stands au rebord des maisons, une femme vend trois petits tas de trois tomates. Des enfants assis se tressent les cheveux. Des enfants grands portent les petits sur les hanches. Des enfants cassent des pierres. Des enfants poussent des charettes pleines de bois dans une montée, portent des sacs de foin ou de charbon, retiennent les mêmes charettes dans la descente ou s’en font un jeu, s’assoient dessus et freinent avec une branche dans les roues. Des enfants fabriquent des briques, portent des bêches, gardent des oies. Peu sont à l’école. 

La terre rouge. 

Un baby foot dans au milieu d’un champ, un stand de vente de lapins, ils sont posés sur de la paille, en bord de route, personne pour les surveiller. Un stand de vente de statues de la Vierge Marie, elles sont de toutes les couleurs, elle sont une centaine. 

La terre rouge. 

2 réflexions sur “La route

  1. Magnifique texte et magnifiques photos. J’imagine que cette terre rouge est de la latérite comme celle des routes du Sahara! Oh tu me fais voyager!! Merci merci

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