Maisons closes et rues fleuries

Osaka, Japon, Juillet 2019

Il faut laisser passer l’éblouissement initial causé par les néons vibrants, les temples vermillons et les parc d’amusement avant de pouvoir voir le reste du paysage urbain japonais. Son côté pile. Son côté calme. Avec ses rues tranquilles, ses arbres bien taillés et ses HLMs pastels.

Et au bout de plusieurs jours, de balade en flânerie, soudain réaliser que le sentiment de quiétude, l’impression de solitude du promeneur dans ces rues, naît de toutes ces maisons fermées. Volets clos, épais barreaux de bois, croisillons de fers, rideaux à voiles fins tirés sur des vitres en verres opaques ou teintés, nattes de bambous pendues sous les gouttières et courts rideaux au dessus des portes d’entrée pour protéger du soleil et des regards… Chaque rue ici est un village méditerranéen aux heures les plus chaudes : des façades impassibles, des maisons aux visages fermés, sans une seule ouverture qui pourrait laisser passer le dehors au dedans.

Une fois cette particularité architecturale remarqué, il est difficile de ne pas être obsédé. Comment se fait-il que pas une seule fenêtre, même au dernier étage d’une maison en pleine campagne, ne laisse passer la lumière ou les regards ? Pourquoi aussi peu de d’ouvertures sur les façades des constructions récentes ? Pourquoi autant s’enfermer dans des bâtiments sans lumière et sans vue sur l’extérieur ?

Et puis enfin trouver cet article très intéressant et lever le mystère. « Délimitations où l’expression de l’espace social : une études des plans des maisons japonaises » raconte l’importance donnée à la séparation entre le dehors -qui symbolise l’impureté, la saleté, le danger et l’étrangeté- et le dedans – lieu de pureté, de propreté, de sécurité et d’intimité. Et c’est pour cela que les maisons japonaises ont l’apparence de boîtes fermées depuis la rue : pour bien démarquer ces deux espaces. Dehors et dedans. Et c’est aussi pour cela que l’on se déchausse en rentrant dans une maison ou qu’on se purifie avant d’entrer dans un temple. On laisse le dehors dehors avant d’entrer dedans.

Mais comme les japonais ont le sens de l’esthétique et du bien commun, chacun prend quand même la peine de fleurir l’extérieur de sa maison pour que tout le monde puisse en profiter. ❤

3 réflexions sur “Maisons closes et rues fleuries

  1. Coucou Pauline!

    Tes articles sont toujours très intéressants, et les photos aussi!!!
    Tu me fais voyager à travers ta plume et tes regards! Merci!

    Monique

    J’aime

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